La semaine dernière, un festival de musique avait lieu à Bamako. Bien décidée à en profiter (forcément, c'était gratuit !), j'avais finalement dû reconsidérer chaque jour mon projet d'assister au concert de la soirée, pour des raisons diverses. Ce n'est donc que le samedi soir que j'ai pu aller me faire une idée sur la scène musicale bamakoise. Kalidou, mon chauffeur, m'avait déposée, je lui avais bien proposé de rester, mais il m'avait dit : "Jazz ! Anne, moi je écoute pas jazz ! Jazz c'est musique de vieux" ! et il ne s'était pas laissé convaincre par les deux jeunes Françaises qui accueillaient les visiteurs et qui insistaient : "C'est pas jazz, c'est jazzy !".
Effectivement, c'était plutôt jazzy que jazz.
J'étais arrivée en retard, je n'ai donc vu que la fin de la prestation d'un groupe américain, avec notamment un percussionniste déchaîné. Ensuite est apparu sur scène Boubacar Traoré, plus connu sous le nom de Karkar : un monument de la culture malienne, apparemment, que j'ai découvert à cette occasion. C'est un peu le Johnny local, puisque apparemment, il chante depuis les années 60. C'était d'ailleurs très bien, plus à mon goût que Johnny en tout cas, et j'ai compris tout l'intérêt de la musique live en voyant tous les jeunes Maliens de l'assistance reprendre en transe les chansons de Karkar : c'était un spectacle impressionnant que de voir ce monsieur qui a toute l'apparence d'un brave grand-père susciter une telle passion chez la jeunesse.
Enfin il y eut la prestation d'un groupe français, Lo'Jo, j'ai également apprécié le spectacle, c'est marrant de voir qu'un groupe comme ça, qui se produit dans les MJC de banlieue en France, a quand même une carrière internationale qui passe par New York, Montréal ou Bamako (bon d'accord, Bamako n'a pas la réputation de compter parmi les lieux de référence de la culture mondiale, mais il y a quand même un bon nombre de musiciens maliens reconnus dans le monde entier. Le seul problème, c'est qu'ils sont donc la plupart du temps en tournée ailleurs qu'au Mali, donc quand on est à Bamako, on n'en profite pas forcément).
Et puis pour conclure la soirée, place aux DJ pour faire danser l'assistance, ce qui m'a permis de montrer la scène à Kalidou venu me récupérer : "alors, c'est musique de vieux ?". "Hiii, répondit-il, c'est soirée toubab !".
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