Enfin installée dans mon fauteuil, je trouve les passagers autour de moi relativement sages ... j'avais gardé le souvenir d'un vol beaucoup plus animé vers le Burkina (il faut dire qu'à l'époque nous étions quatre gais lurons, l'hôtesse nous demandait de ne pas filmer sous sa jupe ?!?? chacun sortait son sandwich, puisque nous avions été informés qu'il fallait apporter son souper, et nous faisions la connaissance du pétillant Désiré ... le bon vieux temps, quoi !) ... mais à vrai dire, je ne perds rien pour attendre !
Dans le rang d'en face, un petit monsieur sec et rabougri décide de regarder une production africaine sur son ordinateur ... sans faire usage d'un casque, bien sûr, histoire que tout le monde en profite, notamment le bébé qui dort sur les genoux de sa mère juste à côté de lui. Normal.
Pendant ce temps, la conversation s'engage avec mon voisin, un immigré malien qui a fait toute sa carrière en France dans l'automobile. Il m'explique placidement qu'il a une femme en France et une autre au Mali. Pratique !
Soudain, agitation quelques rangs derrière moi. Je comprends qu'un passager a décidé qu'il allait faire pipi dans une bouteille. Pourquoi ? La suite du vol ne me laissera malheureusement pas le loisir de résoudre ce mystère. L'hôtesse est quelque peu interloquée, elle appelle son collègue à la rescousse, qui, ne voyant pas visiblement d'autre issue, prend les choses en main : je le vois sortir la trousse à pharmacie, à la recherche de ciseaux, puis une bouteille est découpée en coulisses, et apportée au passager. Je n'en crois pas mes yeux. Pourtant, il me semble bien distinguer une fugitive odeur d'urine, tandis que je vois le steward remonter l'allée avec la bouteille enveloppée dans du sopalin (afin je suppose de ne pas trop choquer l'assistance).
Mais quelle histoire ! Et encore, ce n'est pas fini, je me lève quelque temps après, afin de marcher un peu et de faire circuler le sang dans mes jambes (à défaut de porter des bas à varices !), je décide par la même occasion d'aller faire un tour aux toilettes, mais l'hôtesse m'arrête : toutes les toilettes de l'avion sont condamnées, elles ont toutes été bouchées. Incroyable ! L'hôtesse me regarde avec un air mi-suppliant, mi-compatissant : "on arrive dans une heure ...". Situation potentiellement explosive dans ce huis clos aérien que constitue le vol STZ505, heureusement, nous finissons par arrivée à bon port sans catastrophe. "Nous entamons notre descente sur Bamako, la température au sol est de 37°". So ... this is it, bienvenue dans la fournaise !
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